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Texte Libre

Auteurs en herbe ou confirmés (et les autres aussi!), soyez les bienvenus !
J'aime raconter des histoires, des moments, des gens, des paysages et des sensations... Et si écrire m'est aussi indispensable que dormir ou manger, j'écris avant tout pour les autres. Bonne lecture sur ce blog, consacré également au fanzine de nouvelles Pr'Ose!!

 

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Mardi 30 juin 2009

Un thème, "Panne sèche", lancé sur Facebook par Léa Antony et hop, une nouvelle de plus !
           Bonne lecture! 

 

Le type s’est penché au-dessus du moteur en sifflotant.

- Alors, alors, qu’est-ce qui se passe ?

            Je n’osais ni bouger, ni lui demander quoi que ce soit. Pour tout dire, j’avais plutôt honte de n’avoir rien remarqué. J’aurai dû flairer les signes avant-coureurs et même, voir les symptômes de fatigue de la machine : hoquets, couinements, ralentissements…. Mais je n’avais pas été capable de décoder les signaux de détresse qu’elle m’envoyait.

- Bon, déjà les joints n’ont pas claqué et, visiblement, pas de fuite dans le carbu ! Faut voir plus loin…

Est-ce qu’en langage de garagiste, « Faut voir plus loin » signifiait « Tout ça m’a l’air plus grave » ? Je décidai d’être prudente en me mêlant pas des investigations mécaniques de Monsieur Brain, « Réparateur de père en fils ».

- Vous l’avez fait quand votre dernier contrôle technique ?

Merde, le contrôle technique ! Encore un truc que j’avais négligé. Décidément, tout me sortait de la tête en ce moment ! Je me concentrai afin de trouver une excuse valable…

- Euh… L’an dernier ?

Mouais… Jouer les têtes de linotte, ce n’était pas terrible et surtout pas bien franc du collier.

- Je vois… Vous savez, je vous pose juste une question, je ne suis pas flic, moi ! Bref, apparemment, il y a quand même eu surchauffe. Vous n’avez pas remarqué de problème au démarrage ces derniers temps ?

- Peut-être… Si… Enfin, je crois…

- D’accoooord… Eh bé, on n’est pas rendu avec vous !

Monsieur Brain s’amusait visiblement beaucoup de mon embarras et de mon air hébété. Il me sourit puis, après avoir attrapé un tournevis, se pencha à nouveau sur la bête. Cling, clong, clang ! Malgré la douceur – relative - avec laquelle le garagiste inspectait la mécanique, les sons métalliques résonnaient à l’intérieur de mon crâne embrumé par la migraine.

- Bon, je crois qu’il va falloir que je regarde tout ça de plus près. Je vais être obligé de la garder au garage au moins jusqu’à demain soir, peut-être plus !

- Ah…

J’étais dépité. Comment allais-je m’en sortir ? J’avais besoin d’elle pour le boulot. Avant que je n’ai eu le temps de franchement m’interroger, Monsieur Brain m’apportait une solution, clé en main.

- Mais, je peux vous en prêter une, le temps de réparer !

Il affichait un grand sourire qui, je l’imaginais, se voulait rassurant. Mais je n’en étais pas certaine. En fait, je commençais à sévèrement fatiguer.

- Allez, on fait comme ça ! J’vais vous chercher la boîte.

 

Je vis Monsieur Brain disparaître au fond du local. Tout était calme dans ce petit garage de campagne parfumé de cambouis et de lilas. Ou peut-être était-ce du tilleul ? Je ne parvenais plus à me rappeler la différence entre ces deux odeurs. D’ailleurs, il m’était même difficile de me souvenir ce que j’avais mangé au petit-déjeuner. Monsieur Brain avait raison : à un moment ou à un autre, il y avait dû y avoir surchauffe…

Je reprenais mes esprits lorsque le garagiste déposa une grande boîte en polystyrène face à moi. Sur le couvercle était inscrit : « Cette cervelle vous est prêtée par votre garagiste, Monsieur Brain, réparateur de père en fils ».

 

- Voilà, ce que j’ai en stock. J’avais bien un modèle copié d’un monsieur qu’était bibliothécaire mais je l’ai prêté, pas plus tard qu’hier, à ma belle-sœur qui travaille aux impôts. Bon, celle que je vous amène, c’est pas de la cervelle de moineau non plus. Le prototype de c’te cerveau là, il a bossé trente ans dans la comptabilité, alors l’écriture, ça l’connaît…

- Ah, bien… Je… C’est vrai qu’on peut voir les choses sous cet angle. Mais êtes-vous sûr que les réparations vont prendre autant de temps ? Parce que je dois rendre un manuscrit à mon éditeur la semaine prochaine et comme j’ai un peu de retard….

- Ecoutez, vous faites comme vous voulez, mais des cas de surchauffe comme la vôtre à cette période de l’année, j’en vois des tas. Le mois de juin, juste avant les vacances, c’est toujours une période critique. Pareil à Noël : les fêtes de famille, tout ça… Bref, pour l’instant, j’suis pas débordé, mais ça ne va pas tarder. Donc, il vaudrait mieux que je m’occupe de votre cas de suite. Et le boulot sera meilleur si vous me laissez la machine.

Il fallait se rendre à l’évidence : pour éviter la panne sèche, j’allais devoir confier mon cerveau aux bons soins de Monsieur Brain et utiliser celui du comptable pendant quelques temps. Mon roman risquait d’en pâtir mais pour persister dans l’écriture, il faut parfois savoir faire des sacrifices.

D’ailleurs, il n’était pas impossible que l’imaginaire d’un comptable parvienne à finir correctement le boulot, en trouvant une fin crédible à un polar dont le personnage principal était surnommé « Le tueur à l’agrafeuse ».

 

Par EmmaBovary - Publié dans : Mes mots
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Lundi 8 juin 2009

 

 

Le p’tit est arrivé ici en traînant son baluchon avec une moue de chaton qui a perdu sa maman et une tête de coupable, les yeux prêts à déborder. Tout le monde a craqué. Jack lui a servi une part de tarte et un coca, il a appelé les flics et Ed a débarqué.

Ed est plutôt beau gosse avec son physique à la Rock Hudson, imposant et doux à la fois. Le gamin s’est senti rassuré et les filles du snack ont rajusté leur mise en pli en se mordant l’intérieur des joues. Moi, j’ai gardé mon air habituel, un peu blasé. Ed m’a salué. J’ai senti les regards qui me foudroyaient dans le dos. Il s’est assis près de p’tit qui a fondu en larmes, avant d’expliquer qu’il était parti pour faire un voyage mais qu’il s’était perdu. Il a dit : « J’ai pas trouvé la rue qui va au bout du monde… ». Derrière le bar, Frank contemplait la scène avec un regard mélancolique que je ne lui avais jamais vu.

Le gosse gigotait sur son tabouret. La morve lui coulait du nez en se mêlant au sucre de la tarte dont il s’était barbouillé. Ed l’a mouché puis lui a paternellement ébouriffé le crâne. Il a promis de le ramener chez ses parents, dans la Ford noire et blanche, sans la sirène mais tous gyrophares allumés. J’ai entendu les midinettes soupirer devant tant de gentillesse assumée chez un type aussi musclé.

Bien sûr que Ed va ramener le p’tit. Bien sûr que cette histoire va bien se terminer. On va jaser là-dessus pendant une semaine, puis une autre anecdote prendra la place. Faut bien casser la routine… Il ne se passe pas grand chose par ici. Le « Daisy’s diner, spécialité de milk-shakes », est l’endroit le plus animé du patelin.

Je viens boire un café ici chaque jour. Il m’arrive même de m’y arrêter plusieurs fois, suivant l’humeur ou l’allure de mon brushing. Je choisis toujours un box près de l’entrée. Frank marmonne un vague « Salut ! » puis s’amène avec tasse et cafetière. Moi, je prends des mines d’ingénue à la Jean Harlow, à tel point qu’il m’arrive de boire mon café froid. Et, quand je veux jouer la grande dame, je me donne l’air inspiré d’Audrey Hepburn dans « Sabrina », prude et légèrement hautain.

Mais Frank me remarque à peine. Il sert tout le monde avec la même gentillesse que sa mère, la fameuse Daisy qui a donné son nom au snack. Le reste du temps, il se plante au bout du bar, une cigarette au coin de la bouche, pour contempler la rue ou lire un truc. En ce moment, il ne sort plus le nez de ce bouquin, « Sur la route ». Il dit que le type, Kerouac, aura du succès un jour parce qu’il est comme lui - pas à sa place - et qu’un truc pareil, ça parle aux gens.

C’est vrai que ça me fait quelque chose quand il dit ça, Frank. Moi aussi, je ne suis pas à ma place. Je devrais être loin, ailleurs, sur un plateau de cinéma ou dans une villa somptueuse. Je me vois bien donner la réplique à Cary Grant. Mais juste en copains. Parce que Frank m’aurait suivie à Hollywood. Un Frank dingue de moi qui écrirait des romans et des poèmes. Et notre couple aurait un succès fou dans les magazines : on nous envierait partout dans le pays, jusqu’au Daisy’s Diner.
Finalement, mon drame, c’est qu’il ne m’arrive jamais rien. J’ai beau blondir mes cheveux, porter des jupes qui affinent ma taille, colorer mes lèvres de rouge, je reste transparente. Ça fait vingt ans que je vends des blouses au bazar en attendant que Frank me remarque.

Et il suffit qu’un sale gosse pleurnichard entre en scène pour me voler la vedette.

Par EmmaBovary - Publié dans : Mes mots
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Mercredi 3 juin 2009

PrOse

 

Atelier d’écriture avec « PrOse Ecriture »

Jeudi 11 juin

De 20h15 à 22h15

Salle Nelson Paillou

Espace culturel Léo Lagrange

(à Saint Pryvé Saint Mesmin)

 

PrOse Ecriture proposera le jeudi 11 juin un atelier découverte autour de l’écriture, ouvert aux adultes et adolescents. Création, jeux autour des mots et convivialité seront au programme. La séance sera animée par Frédérique Trigodet, responsable de la revue Pr’Ose ! et auteur de nouvelles.

Le principe d’un atelier : les participants rédigent un texte à partir de jeux d’écriture ou sur un thème. Puis, chacun lit son texte à voix haute, afin de découvrir et partager les mots. L’animatrice intervient en apportant un regard sur les textes lus.

 

Inscription par mail (prose@laposte.net) ou par téléphone au 06.16.25.89.70 (jusqu’à 20h), auprès de Frédérique Trigodet.

(Séance découverte : 12 euros. Atelier limité à 12 participants – Possibilité de s’inscrire le jour de l’atelier, s’il reste des places).

Par EmmaBovary - Publié dans : Ateliers PrOse écriture
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Mercredi 20 mai 2009

Un festival à découvrir et à suivre:





Les recueils de haïkus "Le bleu du martin-pêcheur" et "La rumeur du coffre à jouets", ainsi que tous les ouvrages des éditions l'Iroli seront à découvrir et... à acheter!

Par EmmaBovary - Publié dans : Humeur
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