D’abord, je me suis levée tard. Ou plutôt, je me suis levée tôt dans
l’après-midi… Direction salle de bain pour shampouiner mes longs cheveux de sirène (une sirène de presque soixante-dix kilos certes, plutôt proche d’une vénus de Rubens, mais j’ai de beaux
cheveux, sans une boucle, qui tombent au milieu de mon dos et… Oh et puis merde, à chacun ses fantasmes !).
Pour commencer, j’ai manqué de m’étaler dans la baignoire en glissant sur un dauphin bleu anti-dérapant ! Je me suis dit : « C’est
parti ! ». Et je n’avais pas tort. Cinq minutes plus tard, je faisais tomber ma brosse à dents dans les moutons de poussière, juste derrière le lavabo, là où ne passe ni la tête du
balai, ni le museau de l’aspirateur !
Le petit-déjeuner s’annonçait tranquille. La pluie tambourinait façon
jazzy sur les vitres tandis qu’un coin de ciel bleu passait au loin. Céréales, kiwi, œuf à la coque, fromage… Vlan ! Un pouce en moins et un bout de peau dans la raclette - vous savez ces
trucs nordiques pour faire des tranches de gouda ! J’aurais du choisir le petit chèvre de Rocamadour, tant pis pour moi !
Bon, je vous passe l’épisode du kiwi dans le jus d’orange et les divers trucs qui tombent à deux millimètres de la poubelle et sous les meubles
(coquille d’œufs, croûtes de fromage). Je ne vous parle même pas de la vaisselle, à peine ébauchée, qui m’a permis de retapisser de blanquette mon pull préféré (le plus sexy, celui qui laisse
apercevoir mes épaules veloutées)…
Là, je déguste un café (raté d’ailleurs, un peu lavasse mais bon…). Et figurez-vous qu’en allant du bureau à la cuisine (quatre mètres de distance à tout casser), en faisant les dix pas qui me séparaient de la cafetière, j’ai réussi à me tordre la cheville. En chaussons. Sur du plat. Sans obstacle.
Non, vraiment, je crois qu’il ne me reste plus qu’à m’asseoir à ma
table de travail pour écrire. En espérant que je ne me foulerai pas un doigt. Ou que je ne me choperai pas une tendinite en abusant du cliquage de souris.
En vérité, je vous le dis : il y a des jours, où la vie
d’apprenti-écrivain n’est pas facile…


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