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Texte Libre

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Vous pourrez aussi découvrir des textes, nouvelles, poèmes, billets d'humeur d'EmmaBovary, écrivaillonne fantasque, sujette aux coups de folies et à l'influence de la lune sur les marées d'océan...

Bonne balade par ici!

 

Mes mots

Samedi 15 septembre 2007 6 15 09 2007 20:20

Tree.jpg

  
   Dans la ruelle qui prend naissance au pied de la maison en coin, une lumière vespérale danse sur les pavés inégaux. Je suspends mon pas au creux de ces heures languides, où je ne suis plus jour et pas encore tout à fait nuit. Mon âme et mon corps, mêlés en un maelström doré, sont pétris par des mains invisibles.
   J’ai envie de partir…
   J’écoute. Je sens. J'absorbe.
   Le bruit des voitures qui s’éloignent au loin, des rires qui s’échappent par une fenêtre, un chat qui file au cœur d’un buisson, le chant ondulant de la rivière, le parfum du chèvrefeuille dont les fleurs dégoulinent en cascatelle verte et rose.
   Je suis entre deux mondes, entre deux temps, entre deux eaux, entre deux âges.
   Loin de moi, les pleurs… Auprès de moi, dans la tête des grands arbres, l’ululement discret d’une chouette, comme un appel au voyage, une invitation à bousculer le quotidien.
   Je suis en ville, un soir. L’océan gronde en moi. L’impulsion qui nous pousse parfois à tout quitter se pose sur la ligne beige du crépuscule. Elle se dissout puis disparaît dans la finitude de ce moment volé au temps

Par EmmaBovary
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 09 2007 15:45

ILE-DE-SEIN-2.jpg Ó Pascal Le Fichant
http://www.lesilesdefrance.com/



Le bateau quitte
la brume
pour rejoindre
l'île.

Au loin,
les pointes sombres de la côte
ont disparu.

Les nuages couvrent le ciel d'écailles grises.

Là-bas,
de l'autre côté, 
tout au bout de l'océan,
persiste une frange de ciel bleu.

Par EmmaBovary
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 20:23

Autumn-Leaves.jpg  

De Lisbonne à Tokyo, la nuit couvre la planète de son linceul éphémère. L’hiver allonge la traîne des étoiles. Il est vingt heures au Portugal, cinq heures du matin au Japon. Et dans ce temps, une vie bascule.

C’est une petite vie, qui ne vaut pas grand chose aux yeux du monde. L’existence de quelqu’un qui a loupé le coche, un après-midi d’automne ou un matin de juin, on ne sait plus très bien…

Cette destinée manquée a laissé en elle le souvenir d’un coup de vent qui avait emmêlé les cheveux, d’un parfum de pomme et de feu de bois. Il y avait peut-être aussi la sensation tiède d’un rayon de soleil, chargé de promesses. Une porte ouverte. Elle ne sait plus très bien…

La peur l’a empêchée de franchir le pas, de donner corps à son désir profond et intime. Elle croit parfois retrouver la consistance de ce moment, cette conviction qui la faisait tenir debout. Mais une poignée de secondes suffit pour effacer ce mirage de son esprit. En fait, elle ne sait plus très bien…

 

Elle n’a pas eu le courage d’aller au bout de ses rêves. De se réaliser. Les forces lui ont manqué, se liquéfiant en elle comme fond la neige au soleil. Sa décision n’est pas parvenue à mûrir et s’est envolée, annihilant toute ambition d’être enfin elle-même. A-t-elle ressenti de la peur en cet instant ? Elle ne sait plus très bien…

De ce jour, elle garde la trace d’une grande lassitude qui ne l’a plus jamais quittée. Les moments importants ne durent que le temps de quelques battements de cœur. Cette conviction s’est ancrée en elle, petit à petit. Elle creuse les jours et le temps de façon sournoise depuis cet après-midi d’automne ou ce matin de juin… Elle ne sait plus très bien.

Un voile flou recouvre les années.

 

Pourtant, à l’aube de ce matin d’hiver, le passé n’a plus vraiment d’importance. En quittant son lit, elle l’a laissé quelque part entre le sommeil et l’éveil, dans une zone où elle a pris l’habitude de ranger ce qui l’incommode. Il y a eu un pâle rayon de soleil derrière le rideau blanc et informe du ciel. Elle a souri à tous ces jours qui s’avançaient en cohorte, remplis de nouveauté et d’incertitude. Elle avait fini par se résoudre à vivre en dehors d’elle-même. A présent, il devient urgent de redonner forme à celle qu’elle est vraiment et qui a vieilli avec elle.

Julie savoure la lecture de ces quelques phrases qui vont devenir les siennes. Dehors, le ciel froid s’illumine en dissipant brumes et voiles. Elle frissonne de plaisir à l’idée d’entrer à nouveau dans le petit théâtre gonflé de parfums de bois, de tissu poussiéreux et de cosmétiques. Le vieux rêve chatouille un coin de son esprit… Son premier rôle. Cinq répliques dans une pièce de Molière. Comme à l’école mais en mieux, avec la scène sous les pieds et une volonté décuplée de ne pas voir le cours des choses s’arrêter là.

        Ce n’est qu’un morceau de rêve, l’amorce d’un futur au conditionnel. Mais quoi qu’il arrive, ce morceau de rêve va prendre corps dans la réalité. Elle l’emportera partout avec elle, pareil à la sensation brûlante d’un rayon de soleil sur la peau.


Cette nouvelle est née suite à un jeu d'écriture proposé par le forum Maux d'auteurs sur le principe d'un début de texte à poursuivre. Les phrases proposées étaient: "De Lisbonne à Tokyo, la nuit couvre la planète de son linceul éphémère. L'hiver allonge la traîne des étoiles. Il est vingt heures au Portugal, cinq heures du amtin au Japon. Et dans ce temps, une vie bascule..."
Pour en savoir plus sur Maux d'auteurs, c'est ici:
http://forum.aceboard.net/index.php?login=7663

Par EmmaBovary
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Jeudi 25 octobre 2007 4 25 10 2007 22:21

--leDeSeinLePort.jpg


Matin posé sur la baie
au cri des oiseaux
un nuage se lève
 

 

Par EmmaBovary
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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 11 2007 14:11



SeinC--teNord.jpg


Sur la zone d'estran

les rochers s'animent
de plumes et de cris




Par EmmaBovary
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Mardi 11 décembre 2007 2 11 12 2007 21:53


   J'ai écrit le texte qui suit dans le cadre d'un jeu d'écriture sur le forum Maux d'auteurs
http://forum.aceboard.net/index.php?login=7663
   (le texte devait commencer par la phrase "Je voulais simplement te dire..." sans que ce soit une déclaration)



LamorBadenGolfeMorbihan.jpg

   
   Je voulais simplement te dire que ce matin, j’ai ouvert les volets. Sans réfléchir.
   Hier, dans ce qui ressemblait à la fin d’une journée, j’ai évité de penser au courage qu’il me faudrait pour y parvenir. Je ne me suis pas demandé ce que j’allais découvrir. Je voulais juste dormir. J’ai chassé le spectre de mes insomnies avec un bol de tilleul, en lisant ce livre que j’avais abandonné depuis des semaines. Une fois couchée, j’ai sombré dans mes rêves comme on échoue, brutalement, contre un rocher. Je n’ai pas réfléchi à tout et n’importe quoi en regardant passer le cortège des heures. Je n’ai pas cauchemardé au cœur de la nuit.
   Dans l’aube apaisée, portée par la simple envie de pousser les volets, j’ai délaissé mon lit. Comme tout le monde.
   C’est toute une aventure de les ouvrir. Il faut quitter la chaleur du nid qu’on a creusé dans les draps. Prendre son courage à deux mains. S’accrocher au chant de l’oiseau qui passe à travers les murs et les fenêtres closes. Ne pas s’interroger sur la couleur du jour, ni sur l’humeur du vent.
J’ai traversé un reste de nuit, l’esprit pas tout à fait éveillé au jour présent. J’ai avancé dans le noir fissuré de lumière pour trouver la clenche et repousser dans un mouvement, pareil à un élan de liberté, les lourds panneaux de bois. La lumière a balayé d’un coup les lambeaux d’obscurité qui s’accrochaient aux toiles d’araignées.
Je voulais simplement te dire que ce matin, j’ai ouvert les volets. J’avais oublié qu’ils ne bloquent pas le temps. Dans le jardin, l’herbe a grandi. Le tilleul m’a jeté des grappes de parfums. Et j’ai vu le soleil qui dansait sur ma peau.


 

Par EmmaBovary
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Samedi 22 décembre 2007 6 22 12 2007 12:56




Nuit cafardeuse
Mal à l'âme et au corps
Larme écrasée

...


La nuit s'apaise
L'océan se reflète
Dans les yeux du chat

...


Par EmmaBovary
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Lundi 24 décembre 2007 1 24 12 2007 18:48

 

Un moment de solitude


     « Bon sang, ça secoue là-dedans ! Il fait tellement sombre… Je ne comprends pas. Tout à l’heure, il y avait la lumière, le bruit, des gens partout, de la musique. Après, c’est le grand blanc dans ma mémoire… J’ai dû m’évanouir.
   Si ça continue à remuer, je vais être malade. Des images floues traversent mon esprit… Où sont les autres ? On dirait que le roulis se calme peu à peu. Je perçois des sons étouffés autour de moi. J’ai l’impression d’être dans une pièce étroite, coincé entre des meubles ou contre des cartons. Je peux à peine faire un mouvement. Et si j’avais été enlevé ? Il flotte autour de moi une odeur de poussière, de plastique neuf qui n’arrange rien à ma nausée. Bon, je dois me reprendre !
   A présent, plus rien ne bouge. Il devient impératif que je me concentre. Voyons quel est le dernier événement dont je me rappelle ? Je crois que je discutais avec Rémi. Dans une rue peut-être ? Oui, c’est ça : nous étions dans une rue envahie de guirlandes lumineuses. Je me souviens : il a dit qu’il aimait beaucoup ma nouvelle voiture, que ce bleu police lui donnait du style… Nous avons aussi parlé de notre projet de voyage en navette spatiale. Il y avait du monde partout, de la musique. Evelyne commençait à pester dans la voiture. Elle voulait rentrer…
   Il me semble que je suis ici depuis une éternité. Ce calme est oppressant. J’aimerais comprendre ce qui m’arrive…Ne pas perdre pieds. Rester lucide. Où en étais-je ? Evelyne… Elle m’a parlé d’aller chez le coiffeur, de changer de tête. Elle a dit qu’elle en avait marre de cette coupe de cheveux ringarde qu’elle arbore depuis trente ans. J’écoutais sans écouter, comme d’habitude. Evelyne passe son temps à râler.
   Après, je crois qu’elle m’a reproché de ne jamais l’emmener en vacances. Pour elle, le rêve du moment consiste à s’évader dans une jolie ferme pour à peine soixante-cinq euros ! Je lui ai reparlé du splendide camping-car jaune dont je rêve depuis des années. Mais elle s’en fout ! Elle, ce qu’elle veut, c’est de l’aventure ! Partir sur un bateau de pirates, découvrir le Far-West, visiter le palais des merveilles, rendre visite à Cendrillon ! Pourquoi pas un week-end dans le château-forteresse du dragon rouge, tant qu’on y est !
   Ça y est, ça bouge encore… Mon dieu, ça tangue comme dans une tempête. J’ai tellement mal au crâne ! Ces mouvements brusques, c’est pénible… A présent, j’ai l’impression de m’élever dans les airs. Je… Boum !
   Le choc a été brutal, comme si je m’écrasais au sol. Des coups sourds résonnent. Puis, des odeurs de bougie et de résineux envahissent mes narines. Je perçois des chiffonnements de papier et la lumière… Et ces voix qui me déchirent les tympans ! Évelyne où es-tu ? Je ne t’entends plus pester ? Je ne pensais pas que cela me manquerait à ce point… Mais quel est cet accoutrement ridicule que je porte ? Lâchez-moi ! Je veux qu’on me rende ma liberté ! »…

   - Ouaiiih, Super ! Un nouveau playmobil, avec sa voiture en plus ! J’en avais pas. Maintenant, je vais pouvoir faire la police dans ma ferme magique ! Les gens vont plus se disputer… Dis Maman, tu crois que les policiers ça conduit aussi des campings-cars ?



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Par EmmaBovary
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Lundi 14 janvier 2008 1 14 01 2008 14:10

Montaigne-1-copie-1.jpg

(-Les Essais- Une page de l'exemplaire de Bordeaux, dite "édition municipale" )

 



    J’avais découvert la tour aux pierres blondes dans la lumière crue de l’après-midi, tout au bout de l’allée bordée d’arbres. Je m’extirpais avec plaisir du four qu’était devenue ma voiture… Dehors, des touristes hagards se promenaient dans le jardin accablé de soleil. Plus loin, la silhouette du château vibrait en ondulant dans les brumes de chaleur.

   Le cœur battant, je passai la porte qui menait à la cour pour découvrir la partie principale du bâtiment. Je m’arrêtai, interloquée. J’avais oublié qu’il avait été remanié suite à un incendie en 1885, dans un style plus gothique que renaissance. Moi qui pensais être saisie dès mon arrivée par sa présence, rien ne se révélait à moi.

   J’avançai de quelques pas afin de contempler la tour à laquelle je tournais le dos. Heureusement, elle et sa jumelle avaient été épargnées par le feu. Elles se tenaient à bonne distance l’une de l’autre, séparée par une coursive ouverte au froid mordant de l’hiver et à la chaleur oppressante de l’été. Une anecdote contée par un professeur de lycée me revint en mémoire. J’imaginais Michel de, seigneur de l’endroit, pris du désir fou de rendre visite à sa femme, courant sous la pluie jusqu’à l’autre tour, pour que lui soit finalement refusée la permission d’accéder au lieu de sa convoitise.

 

    Je pénétrai dans la tour de Monsieur pour commencer la visite. La fraîcheur du lieu, abrité par des murs épais, me donna des frissons. Négligeant la chapelle, je montai quelques marches afin d’accéder au premier étage et à la chambre, avec l’impression un peu idiote d’entrer en un lieu sacré. Mon sentiment fut renforcé par la décoration, réduite à son plus simple appareil : un grand lit à baldaquin qui tranchait avec la couleur crème et austère des murs. Cela ne correspondait pas au bonhomme, bon-vivant et philosophe.

   De toute façon, je n’avais qu’une idée en tête, m’élever un étage plus haut, pour découvrir la librairie ouverte aux quatre points cardinaux, regorgeant de livres sur « cinq degrés ». Je m’arrêtai avant d’entrer, saisie par l’émotion… La pièce était quasiment vide là-aussi. Autour de la grande cheminée, sa chaise, son bureau, quelques objets du quotidien, des tableaux… Et un livre. Un seul, posé sur un pupitre. « Interdiction de toucher ». Et pas de bibliothèque au mur… Pour moi, le coup était rude.

   J’avais rêvé de cette rencontre avec Montaigne durant des années. Car, bien que n’ayant pas ouvert les Essais depuis longtemps, je gardais de lui une façon de comprendre et d’appréhender la vie. J’avais imaginé maintes fois cette pièce ronde, envahie de livres, cette cellule où il aimait se recueillir.

   Déçue, je m’apprêtais à redescendre au milieu de mes semblables, quand une idée me traversa l’esprit. Mon regard s’éleva vers le ciel… Elles étaient là. Discrètes et uniques. Les citations que Montaigne avaient fait graver des siècles plus tôt sur les poutres noires du plafond. Comme des traces vivantes et presque indélébiles de son passage ici.

   Ce fut alors que cette vérité s’imposa à moi : malgré l’importance du temps qui nous séparait, Michel Eyquem de Montaigne, ce penseur moderne et clairvoyant, m’avait aidée à traverser plusieurs périodes de ma vie. Et je sentis que cette connivence se poursuivrait au long des années, encore et malgré nous.

   Parce que c’était lui. Parce que j’étais moi…



 

Par EmmaBovary
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Jeudi 21 février 2008 4 21 02 2008 16:28

oreille.jpg



Autoportrait à l’oreille non-coupée

Avant de commencer, j’ai bu une tasse brûlante et à peine sucrée de Long Jing… Puis j’ai pensé : « Tiens, si je me coupais une oreille ! ». Se couper une oreille, c’est un bon début, comme raconter qu’on choisira le thé plutôt que le café ou qu’on penchera plus pour le confit de canard que pour un hamburger. Une oreille en moins, ça donne une piste pour dégoter un titre prometteur, genre « Autoportrait à l’oreille coupée » ou quelque chose d’approchant.

Se couper une oreille offre l’opportunité de parler de soi, de souffrance, de quête du bonheur. On peut aussi peindre des champs de blé et des églises. Mais l’humain préférera toujours sonder son ego et se repaître du malheur des autres à la contemplation d’un ciel aux bleus sinueux. Voilà pourquoi je m’apprête à jeter ici des bribes de ma vie en pâture !

Je l’avoue, la fatigue est chez moi une seconde nature et je prends plaisir à me plaindre de tout : du gigantisme des supermarchés, des bêtises que je regarde à la télé, de la foule, de l’incompétence de l’Anpe, des champs de colza à perte de vue, de l’aliénation de ma liberté… Je m’attache peu au reflet du miroir. Nous sommes pétris d’autre chose que de cette apparence. Ce qui compte bouillonne jusqu’à m’en donner la migraine. Ma vie ne sera jamais assez vaste pour parcourir les univers qui se présentent à moi, pour tout raconter, écouter, sentir… En lisant ces mots, il serait aisé de me prendre pour une aventurière en quête d’inédit. Mais je ne suis qu’un aventureuse du quotidien qui se balade de bistrot citadin en café de campagne, du flanc d’une montagne à une vague océane, de l’ombre d’un arbre à la lumière d’un tableau… Jamais, je n’aurai le courage de me trancher une oreille comme Vincent. De toute façon, j’ai vérifié tout à l’heure : je n’ai plus de pansement dans ma boîte à pharmacie.

 


Par EmmaBovary
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