Pr'Ose!
Le blog de Frédérique Trigodet (EmmaBovary, c'est elle...)
de la revue Pr'Ose!
et des ateliers d'écriture PrOse Ecriture
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Vous trouverez ici tous les renseignements concernant la revue Pr'Ose! (une revue de la nouvelle et du texte court, parution semestrielle) qui
fêtera au printemps 2010 ses cinq années d'existence.
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d'Orléans.
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d'océan...
Bonne balade par ici!
D’ordinaire, je ne réponds jamais aux « tags » qui me sont envoyés. Mais là, Mrs K. et Lao Tseu me l’ont gentiment demandé. Alors, je n’ai pas pu résister…
« S’il vous restait 500 secondes à vivre et que vous aviez 500 euros »… Cette phrase à un petit parfum de
madeleine parfumée à l’adolescence : elle me fait penser à ces questions un peu bêtasses qu’on se pose entre copains, en colonie, le soir et dans l’obscurité. Ou dans la cour du lycée,
l’hiver, quand il n’y a rien d’autre à faire. Ou encore à un sujet de prof de philo qui veut se la jouer cool avec ses élèves. Mais bon, la question étant posée, je peux toujours essayer d’en
tirer quelque chose, histoire de faire la nique au syndrome de la page blanche...
En fait, si cette situation absurde m’arrivait, je crois bien que la chose ne m'alarmerait pas plus que ça. Croyez-moi.
D’abord il me semble que l’argent ne permet pas, finalement, « d’acheter » l’essentiel. Alors, pourquoi m’en inquiéter ? Je pense que je laisserais ce joli papillon mauve s’envoler au gré du vent sans m’interroger sur son sort. Et si ces 500 euros se trouvaient être en pièces d’un centime, je les laisserai glisser entre mes doigts comme du sable.
Ensuite, j’attendrai l’heure fatidique en contemplant la cime des arbres, le ciel, le vol des oiseaux. De toute façon, il serait déjà trop tard pour prévenir quelqu’un et lui dire que je l’aime. Il faut s’habituer à cette idée : on est toujours seul face à la mort.
Bien sûr, je ressentirais un pincement, une crainte justifiée et presque douce. Mais, je ne serais pas plus effrayée que ça. Il faut dire que je suis morte tellement de fois…
Sous la plume de Gustave d’abord. Ce fumier d’auteur n’a ressenti aucun scrupule à se débarrasser de moi. Il m’a même infligé d’atroces souffrances. La première fois, j’ai eu mal, j’en conviens… Mais par la suite, j’ai aimé jouer la comédie de l’arsenic, pour le plaisir de ceux qui contemplaient mon agonie.
Car, je suis morte sous les yeux de milliers de lecteurs, sans doute des millions, et le plus souvent ravis du sort qui m’était réservé. Puis, à chaque fois qu’ils refermaient le livre pour le ranger dans un rayon de bibliothèque. Je suis morte aussi toutes ces fois-là… Jusqu’à ce qu’une main bienveillante vienne me réveiller, me giflant de quelques coups de pages, comme on le ferait pour une femme corsetée, atteinte de vapeurs. Car chaque nouveau lecteur m’insuffle un souffle de vie, me réveillant au seuil d’une nouvelle vie. Toujours la même, finalement.
A la rigueur, s’il me restait 500 secondes à vivre, je les donnerais bien à quelqu’un. Pour aller plus vite. Parce qu’à la longue, c’est épuisant de mourir…
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Tes 500 euros si tu n'en fais rien Lao suggère de les ajouter aux 500 miens pour ses croquettes (c'est une opportuniste !!)
donner les 5OO secondes à quelqu'un qui en a besoin quelle bonne idée...