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Soyez les bienvenus sur ce blog multi-fonctionnel, ze blog of EmmaBovary !

Vous trouverez ici tous les renseignements concernant la revue Pr'Ose! (une revue de la nouvelle et du texte court, parution semestrielle) qui fêtera au printemps 2010 ses cinq années d'existence.
(Pour en savoir plus, cliquez sur la catégorie "Revue Pr'Ose!" en haut de la colonne de gauche).

Vous trouverez également les dates, lieux et coordonnées des services d'écriture et ateliers PrOse Ecriture, basés sur la région d'Orléans.
(Pour en savoir plus, cliquez sur la catégorie "Atelier PrOse Ecriture" en haut de la colonne de gauche)

Vous pourrez aussi découvrir des textes, nouvelles, poèmes, billets d'humeur d'EmmaBovary, écrivaillonne fantasque, sujette aux coups de folies et à l'influence de la lune sur les marées d'océan...

Bonne balade par ici!

 

Commentaires Récents

Samedi 22 novembre 2008

 

 

 

 

Allez, une question à mille euros (fictifs) pour commencer : quelle est la différence entre le salon du livre de Paris et celui d’Ozoir la Ferrière ? … Quelqu’un connaît la réponse ? … Oui, là-bas, au fond… Effectivement : à table, on sert du Haut-Médoc à Paris et du Bergerac à Ozoir mais ce n’est pas ça ! Disons que la réponse est plus littéraire… Allez, je vous la souffle : Ozoir n’est pas juste un salon du livre !

En effet, la jeune manifestation (deuxième édition en 2008) a choisi de défendre la nouvelle, cette dernière étant généralement oubliée ou zappée dans les salons commercialo-littéraires français, au profit du roman. L’art romanesque étant souvent considéré, à tort, comme un genre littéraire plus « noble ».

Prisée par les cultures anglo-saxonnes et d’Amérique latine, la nouvelle demeure relativement marginale en Europe. Pourtant, ce genre existe en France depuis le 17ème siècle. De nos jours, il existe de nombreux concours, des éditeurs et des revues qui défendent cette forme littéraire. Un genre d’une richesse, d’une vitalité et d’une modernité étonnante, comme on a pu le constater, les 15 et 16 novembre, au salon d’Ozoir.

 

Pour l’occasion, plusieurs acteurs du livre et de la nouvelle avaient été rassemblés à l’espace Horizon : éditeurs, revues, auteurs, libraires et même artisans du livre. Aux côtés de « stars » comme Simone Weil, Régine Deforges, Philippe Grimbert ou Nathalie Rheims, le public a eu l’occasion de rencontrer moult nouvellistes : Annie Saumont, Georges-Olivier Châteaureynaud, Luc Lang, Emmanuelle Urien, Eric et Luc-Michel Fouassier, Manu Causse, Laurence Barrère euh non, Corine Pourtau… Et j’en oublie (les auteurs de la sympathique maison Griffe d’Encre par exemple… dont je n’ai pas retenu les noms, désolée !). Et oui, contrairement aux idées reçues, le nouvelliste est loin d’être une espèce en voie de disparition !

Une fois passée la farandole des auteurs, plusieurs revues et éditeurs étaient réunis. Cette initiative heureuse a été l’occasion d’échanger, de découvrir, de partager. Au fil du week-end, le salon, les débats et différentes remises de prix ont permis de se retrouver ou de se rencontrer, de parler création, édition, distribution… Il est ainsi apparu qu’un point commun réunissait bon nombre d’exposants : la passion de la nouvelle !

Au fil des stands, le public a ainsi pu feuilleter les revues et ouvrages de Rue Saint-Ambroise, Harfang, Brèves, D’un noir si bleu, La chambre d’échos, Quadrature ou Griffe d’encre… Et, au bout du salon… celles de Pr’Ose ! Car c’est là qu’on m’avait installée, tout à côté des éditions Quadrature.

 

Les matinées n’attirant pas les foules (samedi à 14h, j’avais vendu une revue !), j’ai pu me balader chez les voisins, feuilleter des ouvrages et discuter avec des personnes que j’avais déjà croisées. Cela m’a aussi permis de voir en vrai des gens que je ne connaissais que sur internet. J’ai réalisé que j’étais plus connue plus sous mon pseudonyme que sous mon vrai nom ! « Oui, ai-je répété à de nombreuses reprises, EmmaBovary, c’est moi ! ».

 

Du côté des éditions Quadrature (une fine équipe venue de Belgique), la tendance était à la bonne humeur et au boulot aussi. En effet, Luc-Michel Fouassier dédicaçait son ouvrage « Histoire Jivaro », 100 nouvelles de 100 mots, tout juste sorti. L’auteur présentait ce livre dans sa ville, où il oeuvre en tant que délégué à la gestion de l’événement littéraire !

Ailleurs, la bonne humeur était pareillement au programme, chacun défendant ses auteurs et la nouvelle en général et par conséquent, les livres des autres ! De revues en recueils, des noms revenaient. D’autres étaient à découvrir. D’autres encore étaient en devenir. Certaines personnes, manuscrits sous le bras, venant sur le salon pour discuter avec les éditeurs. Car les nouvellistes en herbe sont nombreux. Et la présence de maisons telles que Quadrature ou D’un noir si bleu, de revues comme Harfang ou Brèves, était une sacrée opportunité (là, c’est la nouvelliste qui parle…).

 

Cette manifestation aura donc permis de belles rencontres. Les exposants sont, pour la majorité, prêts à retenter l’aventure l’an prochain. Espérons que le public réponde à nouveau présent et en plus grand nombre, ce serait encore mieux ! Car le salon d’Ozoir le Ferrière mérite de devenir un grand rendez-vous de la nouvelle. Et visiblement, c’est en bonne voie.

 

Les liens :

Le salon d’Ozoir : http://www.mairie-ozoir-la-ferriere.fr/salon2008/pages/salon.html

Pr’Ose ! : http://emmabovary33.over-blog.com/categorie-10219405.html

Editions Quadrature : http://www.editionsquadrature.be/

Editions La chambre d’échos : http://lachambredechos.com/index.html

Revue Brèves : http://www.atelierdugue.com/index.php?page=1&PHPSESSID=48d70b5af9a690c60d51d03be4550b47

Editions d’un noir si bleu : http://www.dunnoirsibleu.com/f/index.php

Revue Rue Saint-Ambroise : http://ruesaintambroise.blogspot.com/

Revue Harfang : http://www.entrevues.org/annuaire_recherche.php?

Editions Griffe d’encre : http://www.griffedencre.fr/

 

Par EmmaBovary - Publié dans : Revue Pr'Ose!
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Lundi 10 novembre 2008


Le week-end prochain, EmmaBovary fait ses valises et prend le train (enfin normalement...), direction Ozoir-la-Ferrière !
Elle aura plein de "Pr'Ose !" dans sa valise: le dernier numéro et les anciens aussi, histoire de faire découvrir plein d'auteurs.
Sur place, elle sera ravie d'acueillir les visiteurs sur son stand mais aussi de rencontrer les autres revues et les maisons d'édition présentes, comme par exemple Quadrature, même s'ils n'ont pas voulu de son manuscrit !  :)  , D'un noir si bleu et Les petits matins...

Donc, si vous avez l'occasion de passser par là...
:)

Plus d'infos sur le salon (programme, auteurs présents...), par ici:
http://www.mairie-ozoir-la-ferriere.fr/salon2008/pages/salon.html


Par EmmaBovary - Publié dans : Revue Pr'Ose!
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Vendredi 7 novembre 2008



Mercredi soir, je suis allée voir Arhur H en concert et  Shocked ...

Pour tout vous avouer, Arthur et moi, ça n'a pas toujours été facile. Au départ, ses délires jazzy me laissaient de marbre. Je le trouvais triste, trop intello. Et puis, il y a eu L'ALBUM: "Adieu tristesse"... qui est devenu un album phare de ma discothèque ! Et donc, mercredi dernier, la découverte sur scène...

Ben, j'peux vous dire que certains artistes devraient en prendre de la graine !

Parce qu'Arthur H est disco, Arthur H est un chanteur génial, Arthur H est heureux et ça fait du bien à son public ! Sur scène, ce trublion multicarte, mélange de Gainsbourg et de Joe Cocker, assaisonné de Madonna, nous a offert un show délirant, d'une grande qualité musicale (bravo aux musiciens qui l'accompagnent d'ailleurs).

J'ai dansé, ri, gueulé, chanté et je suis repartie de bonne humeur. Une très boooonnne soirée donc (et pourtant, j'avais eu une journée de m... !).


Smile

Par EmmaBovary - Publié dans : Contente!
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Lundi 27 octobre 2008

Un nouveau texte, écrit à l'occasion de la nuit d'écriture du forum A vos Plumes:
http://avosplumes.xooit.com/f65-Plumes-d-insomniaques.htm
Bonne lecture!

(petite précision: le texte n'est pas retravaillé. Je l'ai écrit entre 20heures et une heure du matin! pas de retouche depuis)



  
C’était la dernière personne à rencontrer. Ou plutôt la dernière qu’il souhaitait rencontrer. Mais, c’était elle au milieu des fauteuils rouges, sous ce chapeau trop grand, bien décidée à montrer qu’elle était de retour. Le soir de la première, de sa première ! Pourtant, elle paraissait avoir tout lâché. Elle avait disparu du milieu depuis des mois. Des rumeurs à propos d’une secte avaient circulé. Il se racontait aussi qu’elle était partie à l’étranger, en Ouganda ou en Nouvelle-Zélande… Certains pensaient même qu’elle était morte.
   Dissimulé derrière le rideau, Jules contemplait la salle qui se remplissait. Et il l’observait, elle, avançant dans une travée, au milieu des murmures, au centre des regards. Le pas chancelant mais la tête haute, elle jeta un regard crâne sur l’assistance. Adriana Dubois, l’un des plus grands metteurs en scène de ces trente dernières années était en train de ressusciter sous les yeux du public.
   Toujours vêtue de rouge, le corps marqué, elle semblait avoir rajeuni. Une légende racontait que, ne possédant pas de tenue appropriée pour la présentation de sa première pièce, Adriana avait confectionné une tenue dans un rideau de théâtre hérité de son père, meneur de revue dans un célèbre cabaret. La fable était tenace et savamment entretenue.

   Sur la scène, Jules tremblait. Ce n’était plus le stress qui le rongeait en cet instant. Car il savait qu’elle n’était venue que pour lui. Une peur irrépressible commença à l’envahir. En fait, il était terrorisé. Elle allait être implacable, sévère, comme d’habitude. Et elle ne dirait pas un mot. La venue de cette femme était ce qui pouvait lui arriver de pire. Adriana Dubois était extrêmement difficile à satisfaire.
   Elle avait décidé pendant des années du sort de bon nombre de gens. Journalistes et critiques se réjouissaient de ses excès, de ses déclarations impitoyables. Cette maîtresse femme avait fait la pluie et le beau temps de l’art dramatique durant une décennie, brisant des metteurs en scène ou des acteurs sous prétexte que le spectacle n’était pas à son goût ! Il s’était trouvé tant de moutons pour la suivre dans son délire.
   Adriana adressa un signe de tête à une vague connaissance en conservant le masque qu’elle gardait perpétuellement accroché au visage. Impossible de connaître ses émotions. Jamais elle n’avait su exprimer un sentiment ailleurs que sur la scène, des tréteaux ou dans un amphithéâtre… Son regard s’éveillait du moment qu’il se trouvait un texte à dire et des spectateurs pour l’écouter, pour la regarder. Au quotidien, son visage se résumait à un masque neutre, passe-partout. Sa personnalité éclatait dans l’étalage de la couleur qu’elle arborait, ce rouge théâtre devenu son emblème.

   Le public continuait d’envahir la salle tandis que la peur de Jules se muait en terreur. Il ne pouvait pas voir ça. Il se sentait incapable d’assister à l’assassinat de sa pièce. Il savait déjà qu’elle n’aimerait pas.
   Il se revoyait acteur débutant, empli d’optimisme et de passion malgré tout, faisant ses premiers pas dans l’ancienne usine. A l’époque, le lieu servait à la fois d’école de théâtre et de laboratoire expérimental. Il avait mis tant d’espoir dans cette expérience… Jules tenta d’effacer l’image d’un homme épuisé, qui n’avait de cesse de travailler, sans jamais parvenir au niveau qu’Adriana, en professeur tortionnaire, avait fixé pour lui.
   Il avait dû partir. Loin. Plusieurs années. Il s’était formé à l’étranger, puis à l’école du cinéma, avant de revenir à ses premières amours. Son retour avait été discret : il avait donné des cours de théâtre dans des lycées tandis qu’Adriana s’épuisait sur la création d’une fresque monumentale. « L’œuvre de ma vie » avait-elle confié à un journaliste de radio. Pourtant, la pièce achevée - un succès - le grand metteur en scène s’était évaporé avant de disparaître. Des années d’un travail excessif avaient fini par épuiser la femme en rouge. Le rideau était tombé alors que Jules revenait sur le devant de la scène.
   Adriana était entrée à l’hôpital deux ans plus tôt. La rumeur sur sa maladie s’était promenée, enflant comme un nuage chargé de pluie, avant de retomber mollement. Le public avait commencé à se désintéresser d’elle. Puis, on avait cessé d’attendre son retour. Des bruits continuaient à circuler : Adriana Dubois aurait fui dans une communauté au Sri-Lanka ; Adriana Dubois servirait de cobaye à un laboratoire pour un nouveau médicament contre le cancer ; Adriana Dubois aurait été vue sur une plage du sud, vêtue de ce costume grenat qui avait fait sa réputation…

   Une goutte de sueur glacée chemina le long de la colonne vertébrale de Jules. L’heure approchait. Son corps allait imploser. On s’apprêtait à jouer la première pièce qu’il avait écrite. Une tragédie tirée d’un roman russe méconnu, découvert lors de sa fuite à travers le monde. Des années qu’il travaillait dessus… Il n’avait eu aucune envie de repartir à Paris : il avait trouvé sa place dans le sud, à deux pas de l’océan. Vivre ici lui avait apporté la sérénité qu’Adriana lui avait enlevée. Jusqu’à ce soir.
   On disait d’elle qu’elle était un dragon. Mais elle était plus que ça. Cruelle. Froide. Perfectionniste. Tyrannique. Castratrice.
   Jules lâcha le rideau rouge qu’il serrait entre ses doigts douloureux. Ce n’était pas possible. Il ne pouvait pas. Traversant les coulisses, il prit le chemin qui menait vers l’entrée des artistes. Le temps d’attraper son manteau, il était déjà dehors.

   Sa voiture s’éloignait sur l’avenue lorsque le premier coup de brigadier frappa la scène. Dans la salle, protégée par l’obscurité, une femme en rouge se laissa aller à sourire, satisfaite de son entrée et d’elle-même. Adriana comprit qu’elle se plairait dans ce rôle de ressuscitée. Tandis que le rideau pourpre s’ouvrait, elle sentit le feu qui brûlait en elle. Elle pensa : « Voyons ce que mon fils a dans le ventre ! ». Dans la nuit, ailleurs et déjà loin, Jules fuyait vers l’océan.

 

 

Par EmmaBovary - Publié dans : Mes mots
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Mercredi 22 octobre 2008

          Un petit texte écrit sur la base d'un début de roman assez connu. A vous de deviner quel auteur se cache sous ces mots et ces phrases remodelés à ma sauce! (et c'est relativement fastoche quand même!)


         Cela faisait des années que le tintamarre, les comédies et les rêves de l’enfance n’existaient plus pour moi, quand un jour d’automne, comme je passais un week-end dans la maison familiale, ma mère, me voyant prostré et glacé au coin de la cheminée, me proposa de prendre un peu de thé. Je n’en avais pas envie, déclinai sa proposition puis me ravisai lorsqu’elle prit son regard embué, façon oeil de cocker. Elle sortit du buffet un de ces paquets de gâteaux qu’elle avait l’habitude d’acheter par chariot au supermarché, des petits beurres, rectangles dorés, quatre oreilles en coin, dont je m’amusais à lire l’inscription : « Lu, Petit-Beurre, Nantes ».

Bientôt, d’un mouvement mécanique, écrasé par ma semaine de boulot et la perspective d’une autre, je bus une gorgée de thé avant de suçoter une oreille du biscuit blond. Et, à l’instant même où le biscuit fondait sur ma langue se mêlant au goût du darjeeling, je sursautais, attentif à ce qui se déroulait. Une sensation familière, savoureuse avait pris possession de moi, sans que je puisse en définir l’origine. Elle éveillait quelque chose qui m’éloignait soudain de la fadeur du quotidien. Je me sentais empli d’un sentiment qui me rendait vivant. J’étais moi, à ma place, en cet instant. Je n’étais plus monsieur tout le monde et n’importe qui. J’étais bien.

D’où avait pu jaillir une telle émotion ? Je devinais qu’elle était liée au thé et au gâteau, mais qu’elle était plus que cela, au-delà des sens. D’où venait-elle? Que signifiait-elle ? Je bois une seconde gorgée en croquant un coin de petit beurre mais ne trouve rien de plus. La suivante me déçoit autant. Il est temps d’arrêter : la vertu du thé, rendu amer par l’infusion trop longue, semble s’amoindrir. La vérité que je poursuis n’est pas dans le darjeeling écœurant mais en moi. Le thé a éveillé ma conscience sans que je sois en mesure de suivre cette trace. Mon esprit ne peut que renouveler cette sensation qui va en s’affaiblissant, que je voudrais retrouver encore et encore, même si ce n’est pas ici et maintenant.

Je pose ma tasse pour m’adonner à l’introspection paisible que réclame l’évènement. Il me faut trouver la vérité de cette impression. L’incertitude accapare cependant mon esprit, comme toutes les fois où je me sens dépassé. Je m’enfonce dans la pelote de ma mémoire, tire des fils et des ficelles, cherche dans ces contrées obscures où je ne suis rien. Faut-il seulement chercher? Me voici face à une chose qui m’échappe, que je frôle, palpe du bout des doigts, proche d’entrer dans la lumière.

 Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Le goût, ce goût de petit beurre, me ramenait aux biscuits posés sur l’assiette des mercredis après-midi de mon enfance, quand je rejoignais ma grand-mère dans sa cuisine paysanne afin de chanter les refrains de sa propre enfance - Cadet Roussel, Auprès de ma blonde, Meunier tu dors…- et qu’elle m’autorisait à boire une goutte de son thé. La vue des petits « LU » ne m’avait rien rappelé avant que je n’en croque un coin; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis sans en manger, sur les linéaires des supermarchés, leur image avait quitté l’enfance pour se lier à des jours plus récents; peut-être parce que, de ces morceaux de vie abandonnés dans un coin de l’esprit, tout s’était fondu en un miel que j’appelais enfance; le goût du gâteau aux quatre oreilles s’était estompé, troublé, perdant la force qui eût éveillé ma conscience.

Pourtant, malgré les années, la disparition des êtres chers, la mort des choses, il nous reste, plus légères mais tenaces et persistantes, l’odeur et la saveur. Elles demeurent malgré nous, longtemps, attendant leur tour, espérant que des décombres de nos vies, sorte, jaillisse, se révèle l’édifice immense du souvenir.



 

Par EmmaBovary - Publié dans : Mes mots
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Lundi 13 octobre 2008

 

 


Le numéro 12 est enfin sorti !

  

  

- Eric Scilien

- Régine Garcia

- Guylaine de Fenoyl

- Anne Veillac

- Sylvie Martin

- Véronique Pingault

- Gaëlle Pingault

- Christophe Campos

- Malena Emo

 

 – —La revue « Pr’Ose ! » invite au vagabondage littéraire. De textes courts en nouvelles et de nouvelles en poésie, ses auteurs vous proposent de (re)découvrir le monde, de visiter des univers intimes et des pays ignorés. N’hésitez pas à passer la porte de la couverture afin de partager quelques pages avec eux : vous serez conquis. Avec les mots comme bagages, « Pr’Ose ! » invite le lecteur au voyage, dans et au-delà du quotidien.

Frédérique Trigodet (directrice de publication)


P’O !

Une revue de la nouvelle et du texte court


Par EmmaBovary - Publié dans : Revue Pr'Ose!
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Jeudi 2 octobre 2008


     A lire sur Mot Compte Double, lieu communautaire et littéraire de la toile créé par Françoise Guérin*, "Le chat, la nonchalance et le livre" que j'ai écrit tout exprès pour un appel à textes de ce blog. Le thème était: "Relation(s) textuelle(s)":
http://motcomptedouble.blog.lemonde.fr/


 * auteur du recueil de nouvelles Mot Compte Double paru chez Quadrature et de "A la vue, à la mort", un roman policier paru aux éditions du Masque.



     
Par EmmaBovary - Publié dans : Mes mots
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Mercredi 1 octobre 2008


Que faire pour vous procurer Pr’Ose !

        

         Il vous suffit d’envoyer un chèque (à l’ordre de Frédérique Trigodet) à l’adresse suivante : Pr’Ose !, Rés. Rive gauche, Bât. C, 23 rue Tudelle, 45100 Orléans.  Un numéro coûte 3 euros et par conséquent, 2 numéros en coûte 6. Après, c’est trop compliqué pour moi, je vous laisse calculer… Bon, comme je suis de bonne humeur, je vous fabrique quand même un petit bon de commande :

 

Nom :                                                                         Prénom :

Adresse : 
Téléphone:                                                             

e-mail :

 

Je commande (frais de port compris) :


          o
Un numéro : 3 euros       
                ... x … exemplaires = … euros        

          
o Plusieurs numéros :

     ... x … exemplaires = … euros        

     
           o Je m'abonne pour les deux prochains numéros:

   2 x 3 = 6 euros

  (à partir du numéro: .....)     

 

Règlement par chèque (à l’ordre de Frédérique Trigodet).

Pr’Ose !, Rés. Rive gauche, Bât. C, 23 rue Tudelle, 45100 Orléans.

   

 
 

         š›



Vous écrivez ?

Vous aimeriez rejoindre la fine équipe de Pr’Ose !?

 

     « Pr’Ose ! » n’a aucune ambition élitiste ! Ouverte aux auteurs débutants, occasionnels et/ou confirmés, aux écrivains du dimanche et aux vieux briscards de la plume, la revue se veut multiple et curieuse. Nouvelles, textes courts, témoignages, lettres, poésie… sont les bienvenus dans nos pages. Le choix se fera d’après la qualité des textes, leur originalité, le plaisir de lire et le coup de cœur !

     Il est possible d’envoyer les textes par courrier (revue Pr’Ose, Frédérique Trigodet, résidence Rive Gauche, Bât. C, 23 rue Tudelle, 45100 Orléans) ou par e-mail (prose@laposte.net). Pour les nouvelles, ne pas dépasser 20000 caractères* (espaces compris) et pour les textes courts, 2000 caractères* (espaces compris).

 

     N-B : Il peut y avoir 6 à 12 mois d’attente avant publication. Si vous souhaitez une réponse de notre part, joignez une enveloppe timbrée ou indiquez votre adresse mail. Bien entendu, comme dans la plupart des revues littéraires, la publication dans Pr’Ose n’entraîne aucune rémunération et les auteurs conservent la propriété de leurs écrits.

*caractères = lettres, nombres, signes de ponctuation….

 

P’O !

 

Par EmmaBovary - Publié dans : Revue Pr'Ose!
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Mardi 23 septembre 2008



            Bientôt, le 16 novembre en fait, la revue Pr'Ose! ira à la rencontre des lecteurs au Salon du Livre et de la Nouvelle d'Ozoir la Ferrière (77)...
           Le principal objectif du salon d'Ozoir-la-Ferrière est de promouvoir la nouvelle. C'est pourquoi des éditeurs publiant des recueils de nouvelles seront présents (Quadrature, D'un noir si bleu, La chambre d'écho, Les petits matins...) mais aussi des revues (Pr'Ose ! donc, Harfang, Rue Saint Ambroise et Brèves). De plus, le dimanche 16 novembre, seront présents autour de Georges-Olivier Châteaureynaud: Annie Saumont et Michel Lambert.
            Que du beau monde!


            Lieu : Espace Horizon

Samedi : 10 h – 19 h .

Dimanche : 10 h – 18 h.

     Renseignements : Hôtel de ville d'Ozoir-la-Ferrière, 45, avenue du Général de Gaulle, BP 149, 77834 Ozoir-la-Ferrière Cedex.

    Tél : 01 64 43 35 35 / Fax : 01 64 40 33 13

    courriel : contact@mairie-ozoir-la-ferriere.fr


Par EmmaBovary - Publié dans : Revue Pr'Ose!
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Mercredi 17 septembre 2008


 

 

-         Excusez-moi…

-        

-         Mademoiselle ! Vous m’entendez ?

-         Oh, désolée : j’étais perdue dans mes pensées !

-         Ce n’est rien. Je voulais juste vous demander une cigarette.

-         Parce qu’on a le droit de fumer ici ?

-         A vrai dire, je ne sais pas… Mais vu la situation, j’imagine que nous n’avons rien à perdre.

-         Vous avez raison, tenez… Par contre, je n’ai que des blondes.

-         Ça ira. J’ai surtout besoin de m’occuper. C’est long, bon sang…

-         Je trouve étrange ce principe de nous enfermer à clé. Comme si nous allions nous sauver ! Une fois ici, difficile d’aller voir ailleurs. Parce que sur le plan de l’autonomie, ce n’est pas encore ça !

-         Vous verrez, on s’habitue. La situation est angoissante au départ. Mais lorsqu’on sort, c’est qu’on est vraiment prêt. Enfin presque. Moi, j’ai dû revenir.

-         Vous voulez dire que vous y êtes déjà allé ?

-         Oui. Ma sortie n’a pas duré longtemps. Je n’étais pas à ma place : on m’a renvoyé ici illico. Elle a pris quelqu’un d’autre. Un type qui attendait avec moi. Genre jeune premier, très propre sur lui.

-         Donc vous avez une idée de ce qui nous attend là-bas…

-         Plus ou moins. Il m’a semblé comprendre qu’il était question d’amour, de famille et de trahison. Une trame très ordinaire quoi...

-         Je vois. Toute cette histoire reste encore vague. Un peu comme nous !

-         J’aimerais me présenter mais je ne connais même pas mon nom.

-         Normal. Il est trop tôt. On vous donnera toutes les informations à la sortie. En quelques lignes, votre identité prendra forme.

-         Je voudrais m’appeler Victoire. Ou Pénélope… Et vous ?

-         Harry me plairait. Mais vous verrez, on va se retrouver dans un truc de terroir et je vais me farcir un prénom genre André.

-         C’est vrai que dans notre métier, on obtient rarement ce qu’on veut.

-         Bon, on dirait que ça va être long. A mon avis, votre paquet de cigarettes va y passer.

-         Pas de problème, j’ai découvert que j’avais une cartouche entière dans mon sac.

-         Ah tiens ? Moi, je viens de trouver des chewing-gums et un cahier de mots-croisés dans ma poche. A mon avis, on va passer la nuit ici…

-         Heureusement qu’elle n’a pas eu l’idée de nous donner faim ou soif. On pourrait tenir un siège dans cette pièce… du moment que nous sommes deux. C’était quoi déjà le panneau à l’entrée ?

-         « Antichambre de la création. Salle 1 ». Avant, il y a eu : « Bureau de l’intuition » et « Salle des idées ». Ensuite, c’est le grand saut dans le vide !

-         Ça m’angoisse, quand même. Donnez-moi donc un chewing-gum ! Avec tout ce qu’on a fumé, il y a un brouillard incroyable ici.

 

 

Nina éteint l’ordinateur, avant de relire les notes prises dans l’après-midi  à la terrasse d’un café : « Victoire aime André. Elle est promise à Michel, un garçon lisse, de bonne famille. Mais André l’aime et c’est un aventurier… Débuter l’histoire sur Michel. Enchaîner avec la rencontre entre Victoire et André… Histoire de cigarettes ? On ne peut plus fumer dans les lieux publics ? Mes personnages ont quand même le droit de s’en allumer une ! ».

     Elle tient une idée. Les premières phrases sont posées mais son esprit est trop embrumé pour continuer. Il faut dormir, laisser reposer, reprendre la tâche au matin. Les personnages ont pris consistance dans un coin du cerveau. Elle les tient à présent. Il n’y a aucun risque qu’ils lui échappent dans la nuit.


Par EmmaBovary - Publié dans : Mes mots
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